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Violences sexuelles à l’école et dans le périscolaire : quels signes chez l’enfant et comment réagir ?

il y a 2 heures
4 min de lecture

Les alertes concernant les violences sexuelles dans le périscolaire ne sont malheureusement pas nouvelles. Certaines affaires étaient déjà médiatisées dès 2020, et le collectif SOS Périscolaire existe depuis 2021. En revanche, on assiste depuis 2025 à une médiatisation beaucoup plus importante et à une succession d’affaires qui ont rendu le sujet particulièrement visible pour les parents. Je pense aussi que la parole des enfants est aujourd’hui davantage favorisée par l’évolution du discours et de l’attitude des parents. Ils sont mieux sensibilisés à ces questions et l’omerta est peut-être moins lourde que pour les générations précédentes. 


La question qui se pose alors pour les parents est la suivante : comment repérer qu'un enfant va mal sans interpréter trop rapidement un changement de comportement comme le signe d'une agression sexuelle ?


Quels sont les éventuels signes qui peuvent inquiéter ou alerter les parents de jeunes enfants confiés quotidiennement à l’école ou au périscolaire ?


Les enfants réagissent tous différemment face à un événement traumatique, et aucun signe pris isolément ne permet de conclure qu'un enfant a subi une agression sexuelle.

Certains changements de comportement peuvent néanmoins attirer l'attention des parents, particulièrement lorsqu'ils apparaissent brutalement, persistent dans le temps et ne semblent pas pouvoir être expliqués par un événement connu dans la vie de l'enfant : déménagement, naissance d'un petit frère ou d'une petite sœur, séparation des parents, changement d'école, difficultés relationnelles, etc.


Parmi les signes qui peuvent notamment alerter, on peut retrouver :

  • un enfant qui ne veut soudainement plus aller à l'école ou au centre de loisirs ;

  • une modification importante de son comportement habituel ;

  • un enfant qui devient particulièrement silencieux, renfermé ou au contraire très irritable ;

  • des troubles du sommeil ou des cauchemars inhabituels ;

  • des changements importants de l'appétit ou des troubles alimentaires ;

  • l'apparition d'une anxiété inhabituelle ;

  • des plaintes somatiques répétées, comme des maux de ventre ou des maux de tête ;

  • une énurésie ou une encoprésie secondaire alors que la propreté était acquise ;

  • certaines formes de régression comportementale ;

  • un changement important dans les relations avec les autres ou dans la manière dont l'enfant investit ses proches.


  • Des comportements sexualisés inhabituels chez l'enfant

Certains comportements sont plus spécifiquement susceptibles d'interroger lorsqu'ils sont inhabituels au regard de l'âge et du développement de l'enfant.

Il peut notamment s'agir de propos ou comportements à caractère sexuel très explicites, d'une connaissance des pratiques sexuelles qui paraît largement supérieure à ce qui est attendu pour son âge, ou encore de comportements sexualisés répétitifs et inadaptés.

Là encore, un comportement sexualisé ne constitue pas à lui seul la preuve d'une agression sexuelle. Les comportements des enfants doivent toujours être replacés dans leur contexte développemental, familial et social.

C'est l'ensemble de la situation qui doit être pris en compte : la brutalité du changement, sa répétition, les circonstances dans lesquelles il apparaît et les éventuels autres signes associés.

Un psychologue pour enfant, un pédiatre ou un autre professionnel de santé peut aider les parents à évaluer la situation sans tirer de conclusion trop rapide.


Quels conseils donner aux parents qui appréhendent d’envoyer leurs enfants à l’école à la rentrée au vu de toutes les horreurs qu’ils entendent au quotidien ?


L’angoisse des parents est naturelle et compréhensible au regard des faits divers dont nous sommes quotidiennement abreuvés. Pour autant, il est important d’en préserver autant que possible les enfants. Ils perçoivent très finement les états émotionnels de leurs parents et peuvent les intégrer à leur propre représentation de l’école, jusqu’à développer une inquiétude qui n’était pas présente auparavant. L’objectif n’est donc pas de nier les risques, mais de rester vigilant sans transmettre à l’enfant une peur disproportionnée. Il existe aujourd’hui de nombreux supports très bien faits pour aborder avec les enfants la question du corps, de l’intimité et de ce que les adultes ont le droit de faire ou non. Le rôle des parents est de les sensibiliser à ces questions, mais sans les inquiéter ni leur donner le sentiment que le monde qui les entoure est dangereux. Il s’agit davantage de leur transmettre des repères simples et adaptés à leur âge, afin qu’ils sachent identifier une situation qui les met mal à l’aise et qu’ils puissent en parler librement à un adulte de confiance. 


Quelle réaction adopter si on a un doute ou si son enfant révèle avoir été agressé ?


Lorsqu'un parent observe plusieurs des signes évoqués précédemment, il peut être tenté de multiplier les questions pour essayer de comprendre ce qui se passe.

Il est pourtant préférable de ne pas chercher à faire dire à l'enfant ce que l'on redoute.

On peut commencer par une question très ouverte, par exemple :

« J'ai l'impression que tu es moins bien en ce moment. Est-ce qu'il se passe quelque chose dont tu voudrais me parler ? »

Si l'enfant révèle spontanément des faits, le premier réflexe doit être de l'écouter et de le rassurer.

On peut notamment lui dire qu'il a bien fait d'en parler et qu'il n'est pas responsable de ce qui s'est passé.

Il est préférable d'éviter de multiplier les questions, de suggérer des réponses ou de chercher à obtenir immédiatement un récit détaillé. Lorsque des faits potentiellement graves sont rapportés, leur évaluation doit être confiée à des professionnels formés.


À qui parler lorsqu'on a un doute sur une agression sexuelle ?

Un parent qui a un doute sérieux ou qui reçoit une révélation de la part de son enfant ne doit pas rester seul avec cette inquiétude.

Il peut notamment solliciter rapidement un pédiatre, un médecin, un psychologue spécialisé dans l'enfance ou les dispositifs compétents afin que la situation puisse être évaluée et que la famille soit orientée vers les professionnels et services adaptés.

L'objectif n'est pas pour le parent de mener lui-même l'enquête, mais de protéger l'enfant, recueillir sa parole avec précaution et permettre une évaluation professionnelle de la situation.



Pour les familles confrontées à une situation de violences sexuelles en milieu scolaire ou périscolaire, l’OSE (Œuvre de Secours aux Enfants) a également mis en place une cellule d’écoute dédiée. Des psychologues peuvent écouter les parents, les aider à prendre du recul sur la situation et les orienter vers les dispositifs adaptés. La ligne d’écoute est joignable au 01 87 66 36 42, du lundi au vendredi de 9h30 à 17h, hors jours fériés. 



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